La confidentialité constitue l’un des fondements essentiels du conseil thérapeutique et de la psychothérapie. Lorsqu’une personne consulte un thérapeute, elle accepte de partager des éléments parfois très intimes de sa vie : ses émotions, ses difficultés, ses relations, ses expériences traumatiques, ses pensées, ses inquiétudes ou encore des événements qu’elle n’a jamais confiés à quelqu’un d’autre. Pour pouvoir parler librement, le client doit avoir confiance que ce qu’il partage sera traité avec respect, discrétion et professionnalisme.

La confidentialité n’est donc pas simplement une règle administrative. Elle représente une responsabilité éthique fondamentale du thérapeute et constitue une condition essentielle à la création d’une relation thérapeutique sécurisante.
Sur le plan éthique, le thérapeute doit protéger les informations recueillies dans le cadre de la relation professionnelle. Cela comprend non seulement les paroles échangées pendant les séances, mais également les notes cliniques, les dossiers du client, les courriels, les messages, les informations personnelles et, le cas échéant, les enregistrements ou autres documents liés à la thérapie.

Le respect de la confidentialité implique également de réfléchir attentivement à la manière dont les informations sont conservées, transmises et, le cas échéant, partagées. Les dossiers doivent être protégés contre tout accès non autorisé, et seules les personnes ayant une raison professionnelle légitime d’accéder à certaines informations devraient pouvoir y accéder.

Cependant, il est essentiel de comprendre que la confidentialité n’est pas absolue. Dès le début de la thérapie, le client devrait être informé de ses limites. Le thérapeute peut expliquer que les informations resteront confidentielles dans le cadre de ses obligations professionnelles, mais que certaines circonstances peuvent légalement ou éthiquement justifier une divulgation.

Par exemple, lorsqu’il existe un risque sérieux pour la sécurité du client ou d’une autre personne, le thérapeute peut devoir prendre des mesures pour protéger les personnes concernées. Dans certaines situations, la loi peut également imposer la communication d’informations, notamment lorsqu’une obligation légale, une procédure judiciaire ou des obligations de protection de l’enfance s’appliquent.

Dans ces circonstances, le principe fondamental est celui de la divulgation minimale nécessaire. Autrement dit, lorsqu’une information doit être communiquée, le thérapeute doit éviter de transmettre plus d’informations que nécessaire pour répondre à l’obligation concernée.

En Europe, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) exerce un contrôle total sur les données publiques. Dans le contexte français, la protection des informations de santé est également encadrée par la législation. Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) en France est la réglementation européenne entrée en vigueur le 25 mai 2018. Ce service établit notamment des principes relatifs à la collecte, à la conservation, à l’utilisation et à la divulgation des informations de santé. Le thérapeute doit donc tenir compte non seulement de ses obligations éthiques, mais aussi des exigences légales applicables à sa pratique.

Une autre distinction importante concerne la différence entre la confidentialité et le secret professionnel juridiquement privilégié. Le fait qu’une conversation soit confidentielle dans le cadre thérapeutique ne signifie pas nécessairement qu’elle bénéficie du même niveau de protection juridique que certaines communications couvertes par le secret professionnel, comme celles qui peuvent exister entre un avocat et son client. Dans certaines circonstances, des dossiers thérapeutiques ou des notes professionnelles peuvent être requis dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Cette réalité souligne l’importance de la qualité des notes cliniques. Un thérapeute devrait conserver des notes pertinentes, objectives, professionnelles et factuelles. Les notes ne devraient pas devenir un espace pour exprimer des jugements personnels ou des commentaires non pertinents au suivi thérapeutique.

La confidentialité s’applique également à la supervision professionnelle. Un thérapeute peut avoir besoin de discuter d’un cas avec son superviseur afin de réfléchir à sa pratique, à ses responsabilités ou à certaines difficultés rencontrées avec un client. Cette supervision est légitime et importante pour assurer une pratique professionnelle de qualité. Toutefois, le thérapeute doit prendre toutes les précautions raisonnables pour protéger l’identité et la vie privée du client et ne communiquer que les informations nécessaires à la supervision.

Il existe également une dimension profondément éthique de la confidentialité : le respect de l’autonomie et de la dignité de la personne. Le client n’est pas simplement un dossier ou un cas clinique. C’est une personne qui a le droit de savoir comment ses informations sont utilisées et, dans la mesure du possible, de participer aux décisions concernant leur communication.

C’est pourquoi une bonne pratique consiste à expliquer clairement la confidentialité au client dès le début du processus thérapeutique. Le thérapeute peut dire, par exemple : « Ce que vous partagez avec moi est confidentiel. Cependant, il existe certaines limites à cette confidentialité lorsque la loi ou nos obligations professionnelles exigent une action, notamment en cas de risque ou de protection. Si une telle situation se présente, je chercherai, lorsque cela est possible et approprié, à vous en parler et à vous expliquer les raisons de toute démarche que je dois entreprendre. »

En définitive, la confidentialité repose sur un équilibre entre confiance, autonomie, protection, responsabilité professionnelle et respect de la loi. Elle protège le client, mais aussi l’intégrité de la profession thérapeutique.
Un bon thérapeute se doit de se poser la question : « Qu’est-ce qui protège au mieux la dignité, la sécurité, les droits et le bien-être de mon client ? »

C’est cette combinaison des exigences légales, des principes éthiques, du jugement professionnel et de la supervision qui permet de construire une relation thérapeutique véritablement sûre, respectueuse et digne de confiance.

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